Portrait

Portrait Anita K 2015

Je vis à Genève et y travaille dans le cadre du collectif de l’atelier de céramique Arpot à Bernex.

De formation commerciale, j’ai exercé durant 11 ans une activité à plein temps dans le domaine bancaire. Il m’était nécessaire de pouvoir exercer une activité artistique en parallèle de ma profession. C’est une visite à la Biennale de céramique à Saint-Cergues en 1996 qui a déclenché l’intérêt que je porte depuis pour cet « art du feu » qui requiert un savoir-faire en différents domaines : tout d’abord, la mise en œuvre d’un ouvrage en trois dimensions avec une forme cohérente qui possède une qualité fonctionnelle et esthétique. Ensuite, la mise en place d’un décor qui orne la pièce et en dernier lieu une compétence en cuisson réductrice ainsi que l’élaboration d’émaux.

Suite à cette exposition, je m’engage à me former au tournage dans l’atelier de céramique de Jacques Haeberlin, à Landecy de 1998 à 2015. Le tournage commençait à être bien maîtrisé et il me tardait de développer un travail plus personnel.

En 2011, lors du parcours céramique carougeois, je découvre les céramiques d’inspiration Buncheong de Hugues de Crousaz et j’entreprends de parfaire mon tournage dans l’atelier Arpot à Bernex. Je me détermine donc à perfectionner mes connaissances en tournage, mais surtout j’envisage d’explorer mon univers décoratif personnel.

En 2014, je participe à un stage d’initiation au décor au pinceau sur émail chez Hugues de Crousaz. La réalisation de ces décors lors du stage a été compliquée, car je me suis confrontée à l’utilisation du pinceau sur une surface courbée.
Le fruit de ce stage c’est révélé être différent de celui escompté ! Au lieu de continuer dans la voie pour laquelle je ne me sens aucune prédisposition, je me suis laisser aller à développer un décor au sgraffito avec des engobes blanches ou colorées, avec des ajouts d’engobes, d’oxydes ou encore d’une couverte à l’émail.

En 2015, la création du collectif de l’atelier Arpot qui permet à des céramistes suffisamment autonomes d’accéder à un cadre de travail équipé du matériel et d’un répertoire d’émaux nécessaires à l’activité céramique. Dès sa fondation, je m’engage donc dans ce collectif, ce qui me permet d’assimiler progressivement le métier de céramiste dans sa globalité.  La création du collectif a aussi permis de pérenniser la vie de l’atelier suite au décès de M. Jean-Claude De Crousaz.

Dans le même temps, je suis à l’initiative de la création de l’association des amis de l’atelier Arpot. Le but de cette association est de faire vivre l’atelier par ses élèves ainsi que par ses membres en organisant différentes expositions de céramiques et la participation à des marchés. L’association permet aussi de financer le renouvellement l’équipement de l’atelier.

En 2016, un stage auprès de Thierry Luang Rath, débouche sur d’autres possibilités de décor complexes sur une terre n’ayant pas encore la texture du cuir, permettant une empreinte de l’outil sur le bol. En découlera donc la création de mes propres outils en bambous ou de bois taillés. Des rouleaux gravés me permettent de diversifier et d’habiller de relief, tant sur des bols, que sur des lanternes, ou encore des vases paniers.

Parallèlement, sur mes pièces, je grave dans des engobes blanches ou colorées. La céramique Buncheong adopte l’utilisation presque systématique d’un engobe blanc, à partir duquel toutes sortes de techniques décoratives feront leur apparition. On dénombre ainsi l’estampage, le trempage, l’utilisation de pinceaux, le sgraffito, etc…, techniques qui contribuent chacune à ouvrir des perspectives décoratives captivantes.

Mon affection pour le monde végétal a fait éclore sur mes céramiques des ornementations inspirées par la richesse de la nature.  Souvent, il me suffit de tourner sans avoir de dessein decoratif prédestiné, ce qui me laisse une aisance.
En fonction d’une allure, du type de grès utilisé, une ornementation viendra émerger et tentera d’épouser avec justesse la forme réalisée.

En 2019, j’ai suivi une formation sur la technologie et la pratique de la recherche sur l’émail chez Matthieu Levois. Actuellement, je poursuis mes recherches sur les bases acquises, afin de développer des émaux qui correspondent précisément à mon ouvrage et pouvoir aussi élargir l’offre de l’atelier Arpot.